Veille Agroclimatique Régionale : Sécheresse

ECCAS Regional Drought Watch – Août 2026

Analyse : Situation observée et perspectives septembre-novembre 2026

Risques Identifiés – Août 2026

Une sécheresse extrême affecte actuellement l’Est du Tchad, le Nord-Est de la RCA, l’Est du Rwanda et le Centre du Burundi. Cette configuration alarmante résulte d’une combinaison de précipitations déficitaires, d’une faible humidité des sols et d’une évapotranspiration très élevée, créant des conditions hautement défavorables aux cultures et aux ressources hydriques.

Les impacts écologiques s’accélèrent : dégradation accrue des écosystèmes, perte de biomasse, érosion des sols, perte des pâturages et augmentation du risque de feux de végétation. Sur le plan socio-économique, les rendements agricoles diminuent, les ressources fourragères s’appauvrissent et les besoins en eau augmentent drastiquement pour l’agriculture et l’élevage, menaçant la stabilité et les moyens d’existence des populations vulnérables.

Perspectives : Septembre 2026 et Saison SON

Les prévisions montrent une amélioration progressive à l’Est du Tchad au cours des prochains mois, offrant une lueur d’espoir pour cette zone actuellement critique. Cependant, cette amélioration n’est pas uniforme : l’Est de la RDC fait face à un nouveau foyer de sécheresse en émergence, tandis que le Rwanda et le Burundi connaîtraient un maintien de la poche sèche déjà observée en août, avec un déficit de précipitations probable pendant SON 2026.

Cette évolution très inégale entre zones impose une vigilance graduée : intensifier le suivi sur les zones émergentes tout en maintenant l’attention sur les foyers persistants, car les délais de résilience écologique et agricole restent longs.

Actions Anticipatoires Immédiates et Court Terme

  • À court terme, activer ou anticiper les plans nationaux de réponse à la sécheresse en ciblant en priorité le Tchad, la RCA, le Burundi et le Rwanda. Étendre la vigilance sur l’Est de la RDC, le Rwanda et le Burundi en préparation des déficits prévus.
  • À moyen terme, renforcer le suivi de la situation agro-hydrologique, diffuser des alertes et des conseils agrométéorologiques sur les zones affectées, renforcer la surveillance des feux de végétation et prioriser l’appui aux populations vulnérables.
  • Conduire rapidement des évaluations de terrain dans les zones à risque (tant celles déjà affectées qu’émergentes) pour orienter efficacement l’assistance humanitaire et ajuster les calendriers agricoles.
  • Coordonner les actions intersectorielles entre services d’agriculture, protection civile, agences humanitaires et acteurs de sécurité alimentaire pour une réponse régionale cohérente et rapide.