Communique Finale du PRESAC – 21

INTRODUCTION

La région Afrique centrale est caractérisée par des zones unimodales à bimodales. Les saisons bimodales sont observées de mars à mai (MAM) et de septembre à décembre (SOND) tandis que la saison unimodale se déroule de mars à Octobre. De plus, la ré- gion est subdivisée en zones climatiques hétérogènes selon les classifications climatiques de Köppen comme suit : climat équatorial de São Tomé-et-Principe jusqu’à l’est de la RDC, Climat tropical sahélien sur le Tchad, le Cameroun et la République centrafricaine avec des zones semi-arides dans le sud de l’Angola et de la RDC, climat du bassin forestier du Congo, le climat des Grands Lacs au Burundi, au Rwanda et en RDC, Climat de la côte atlantique de l’Angola au Cameroun. Durant ces périodes, des événements extrêmes liés à la variabilité climatique sont souvent observés, causant des dégâts matériels et des pertes en vies humaines. Il est donc important que les services et institutions climatiques de la région puissent produire des informations climatiques pour atténuer l’ampleur de ces événements au bénéfice des utilisateurs.La prévision saisonnière des pluies est une description qualitative de la pluviométrie prévue sur différentes régions du pays. Elle fournit une indication sur le cumul de la pluviométrie saisonnière attendue qui peut être déficitaire, excédentaire ou normale.Le développement et la diffusion d’informations caractérisant la saison des pluies avant même qu’elle ne commence permettraient aux agences de gestion des catastrophes, aux décideurs et aux différentes parties prenantes de faire des choix optimaux pour faire face à la saison. Par exemple, une connaissance préalable des caractéristiques de la saison des pluies (précipitations excédentaires ou déficitaires) permettrait aux acteurs du développement, aux agences de gestion des catastrophes et aux agences humanitaires de prendre de meilleures décisions stratégiques ou d’autres mesures d’atténuation pour assurer la préparation avant que les catastrophes ne frappent.Dans le cadre de la mise en œuvre du projet ClimSA en Afrique Centrale par la Commission de l’Union Africaine, le vingt-et-unième Forum sur les Prévisions Climatiques Saisonnières en Afrique centrale (PRESAC-21) a été organisé du 10 au 12 Mars 2026 en ligne avec l’appui technique du Centre Africain pour les Applications de la Météorologie au Développement (ACMAD) et du Centre AGRHYMET, en collaboration avec le Centre d’Application et de Prévision Climatologique de l’Afrique Centrale (CAPC-AC), en partenariat avec les services météorologiques et hydrologiques Nationaux (SMHN) des États membres de la CEEAC, en vue de générer un consensus sur les tendances des précipitations de la saison d’avril à Juillet 2026 pour la région.La perspective pluviométrique pour l’Afrique Centrale a été préparée par les prévisionnistes des Services Météorologiques et Hydrologiques Nationaux (SMHNs) sous l’accompagnement technique des Centres ACMAD, AGRHYMET et CAPC-AC utilisant les contributions supplémentaires obtenues auprès des grands centres mondiaux de prévision à longue échéance désignés par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) et des instituts internationaux actifs en matière de prévision climatique à savoir le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT), l’Administration nationale pour les océans et de l’atmosphère (NOAA), Mé- téo-France, le Bureau australien de la météorologie (BoM), le Bureau météorologique du Royaume-Uni, l’Agence météorologique du Japon (JMA) et l’Agence météorologique de Corée (KMA), le Service Météorologique du Canada, etc.Le forum a connu la participation de plusieurs invités dont les représentants de l’Union Africaine, de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM), de la CEEAC, les utilisateurs dans les différents secteurs socio-économiques.Sous l’égide de la Commission de l’Union africaine, il a été organisé le 21e Forum régional de prévision saisonnière en Afrique centrale en ligne à raison des défis budgétaires pour la production de la prévision pour la période avril – mai – juin – juillet 2026

PRÉVISION SAISONNIÈRE DES PRÉCIPITATIONS

La prévision saisonnière d’avril à juin 2026 est basée sur la configuration actuelle et future des températures de surface de la mer (TSM), l’évolution des conditions neutres avec possibilité d’évolution neutre à chaude durant le début de mois Mars 2026 et d’autres indices de TSM dans l’Atlantique et l’océan Indien dont la tendance majeure est neutre à chaude, les prévisions des grands centres mondiaux, les sorties des modèles statistiques et dynamiques ainsi que les connaissances des experts sur les caractéristiques du climat dans la région.L’OMM et les principaux centres globaux ont indiqué que La Niña tend vers les conditions neutres à chaude avec une probabilité de 55 % durant la période de mai à juillet 2026. L’indice du dipôle du sud-ouest tropical de l’océan Indien (SWIOT) est actuellement neutre et devrait rester dans un état faiblement positif à neutre au cours des prochains mois. À l’issue des analyses, les tendances ci-après se dégagent pour des pluies de la saison d’avril à juin 2026 (cfr Figure 1) : La partie de la région de l’Afrique centrale, notamment le sud –est, le nord,l’extrême nord et l’Adamaoua du Cameroun, le nord de la République du Congo, lenord et le sud-ouest de la République centrafricaine, la majeure partie de la République Démocratique du Congo, le Burundi, le Rwanda, le sud du Tchad, le nordest de l’Angola pourront enregistrer des cumuls pluviométriques normaux à excé-dentaires au cours de la saison ; Des quantités de pluies globalement inférieures aux cumuls moyens de la période1991-2020 sont attendues sur la côte Atlantique de la région d’Afrique centrale incluant les côtes du Cameroun, de la Guinée équatoriale, du Gabon, du Congo, deSão Tomé-et-Principe, de la RDC et de la côte nord-ouest de l’Angola pour la saison d’avril à juin 2026 ; Des fréquences de séquence sèche longue seront observées durant la saisond’avril à Juin 2026 sur la région où il est prévu des conditions déficitaires.

À l’issue des analyses, les tendances ci-après se dégagent pour des pluies de la saison de mai à juillet 2026 (cfr Figure 2) : La grande partie de la région de l’Afrique centrale, notamment l’extrême nord, lenord, l’Adamaoua et le sud-est du Cameroun, la moitié-sud du Tchad, la RCA, le nord-ouest, le nord et l’est de la RDC, le nord et la partie centrale du Congo, le Burundi et le Rwanda pourront enregistrer des cumuls pluviométriques normaux à excédentaires de la saison de mai à juillet 2026 ; Des quantités de pluies globalement inférieures aux cumuls moyens de la période1991-2020 sont attendues sur la majeure partie du Gabon, le Sao Tome et Principe, la Guinée Equatoriale, la côte Atlantique camerounaise et le sud – ouest de laRépublique du Congo pour la saison de Mai à Juillet 2026 ; Des fréquences de séquence sèche longue seront observées durant la saison deMai à Juillet 2026 sur la région où il est prévu des conditions déficitaires.

Les impacts négatifs potentiels des prévisions saisonnières dans les pays de l’Afrique centrale pourraient se présenter comme suit :Dans les zones où il est attendu des cumuls pluviométriques normaux à déficitaires, il existe des risques d’une mauvaise répartition des pluies, susceptible d’entraîner des impacts négatifs sur la croissance des cultures et la disponibilité en eau pour les barrages hydroélectriques et l’irrigation. Dans les zones où des cumuls pluviométriques normaux à excédentaires sont attendus, il existe un risque d’inondation susceptible de provoquer des pertes en vie humaines, animales et matérielles.Quant aux impacts positifs potentiels, ils peuvent surtout être mis à profit dans les zones où des cumuls pluviométriques normaux sont attendus. Dans ces zones, les acteurs pourraient saisir les opportunités qu’offre la saison pour augmenter la production agricole.La mise à jour des plans de contingence, les plans d’Organisation de la Réponse de Sécurité Civile (ORSEC) et la mise en œuvre des actions de gestion des risques de catastrophes pourront bénéficier de cette prévision pour identifier et évaluer les risques prioritaires puis planifier et mettre en œuvre les actions de préparation et de réponse adaptées.N.B : La présente prévision saisonnière est pertinente sur une échelle de temps saisonnier et les zones relativement grandes, des variations temporaires et spatiales pourraient survenir au fur et à mesure de l’avancement de la saison AMJ et MJJ 2026. Par consé- quent, il est recommandé à tous les acteurs des secteurs socio-économiques d’être attentifs aux mises à jour qui seront publiées chaque mois par l’ACMAD, le CAPC-AC et les services météorologiques et hydrologiques nationaux

END

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